Edito

L’année 2017 verra se tenir un grand nombre de colloques de différentes sections de l’AFIRSE, ce dont nous nous réjouissons chaudement.

  • D’abord a eu lieu le colloque de la section portugaise, qui s’est tenu au début de ce mois de février, sur le thème : L’école : dynamique et acteurs.
  • Viendra ensuite le colloque de la section canadienne, annoncé pour les 1,2 et 3 juin 2017 à Montréal (Université du Québec à Montréal, UQAM) - Thème : Recherche et enseignement universitaires : À la poursuite d’un équilibre 
  • En juillet (les 10, 11 et 12), la section française organise son colloque intitulé : Coopération, éducation, formation — La pédagogie Freinet face aux défis du XXIe siècle

A cette occasion aura lieu

L’ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE ORDINAIRE DE L’AFIRSE.

Notez-le bien sur vos tablettes !

  • Enfin, le projet d’un colloque au Brésil (Amazonie) se met en place petit à petit. Pour le moment, nous ne disposons pas de détails ni de précisions, sauf concernant la date (septembre). Nous vous tiendrons au courant dès que possible.

Par ailleurs, il semble pertinent de relancer les groupes de réflexion, qui avaient déjà été mis en place sous les présidences précédentes, mais qui n’ont pas fonctionné très efficacement

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Congrès

Le congrès AFIRSE 2015 a eu lieu à Lecce (Italie) à l'Université de Salento, 

du jeudi 21 mai au samedi 23 mai 2015

Il a eu pour thème : "Cultures et éducation - Recherches utopies et projets".

Télécharger le programme détaillé et les informations complémentaires

Recension

Pierre FONKOUA et Florentin AZIA DIMBU (dir.), Les sciences de l’éducation, métissées et plurielles, Cahiers Africains de Recherche en Education – n°12, Numéro spécial RDC, L’Harmattan, Paris, 2016, 188 pages.

  1. Du Contexte général de l’ouvrage

Les sciences de l’éducation, métissées et plurielles, tel est le titre de la nouvelle publication lancée sur le marché du livre par deux chercheurs, Pierre Fonkoua,  professeur et chef de Département des sciences de l’éducation à l’université de Yaoudé I (Cameroun) et Florentin Azia Dimbu, professeur et doyen de la faculté de psychologie et sciences de l’éducation à l’université pédagogique nationale à Kinshasa (RDC).

Cet ouvrage collectif, est un regroupement de douze articles publiés sous la direction de ces deux membres de l’Association Francophone Internationale de Recherche en Sciences de l’Education (Afirse) pour les sections nationales du Cameroun et de la République Démocratique du Congo.

Publié dans les Cahiers africains de recherche en éducation, collection fondée par le professeur Louis Marmoz, ce numéro tombe à point nommé dans la mesure où l’université en République Démocratique du Congo, tente de se relever après avoir traversé une crise multisectorielle depuis plus de deux décennies. 

Point n’est besoin d’indiquer que le secteur de l’éducation est celui, qui constitue les promesses des lendemains meilleurs pour le développement d’un pays. Car, il accompagne l’homme de sa naissance à sa mort et concerne tout l’homme. Il commence en famille et se prolonge dans la société, à travers plusieurs structures organisées : crèches, écoles maternelles, primaires et secondaires, universités, centres d’apprentissage, etc.

 Les différents contributeurs à ce numéro spécial RDC, quinze chercheurs au total, provenant essentiellement du milieu de l’enseignement supérieur et universitaire de la RDC (UPN – UNIKIN – Université de Bandundu) et du royaume de Belgique (ULB),  ont planché sur divers domaines des sciences de l’éducation. 

Les savoirs de cet ouvrage, intéressent les acteurs du secteur de l’éducation : apprenants, parents, chercheurs, gestionnaires, décideurs politiques, partenaires non étatiques

2. Du Contenu de l’ouvrage

Fixant les lecteurs sur l’origine du métissage de l’éducation des sociétés congolaises postcoloniales, le préfacier de l’ouvrage, Luc Conrad Mubikangiey, dit tout en ces termes : 

« Avec la colonisation, les prérogatives de la formation ont été cédées partiellement, sinon en totalité, à des autochtones.  Elles voulaient une autre inculturation avec des coutumes et des valeurs importées d’outre-mer tout en conservant certaines habitudes des cultures locales. C’est dans cette perspective que nous pouvons parler d’une société et de l’éducation métissées ». (p.7)

Les résultats de recherche diffusés dans cette œuvre d’esprit sont condensés dans cent quatre-vingt-huit pages, réparties en douze articles.

Le premier de Luc Conrad Mubikangiey et de C. De Becker (pp 11-23), a pour titre : « Apprentissage et résolution de problèmes dans une situation de jeu : Approche socio-cognitive et interaction sociale ». Les auteurs ont étudié l’interaction entre deux personnes dans la résolution d’un problème en apparence simple. Ils ont conclu, à partir d’une situation d’apprentissage entre jeunes adultes de sexe féminin, que dans toute situation, les partenaires ne sont pas épargnés des influences de toute nature.

Dans le deuxième (pp.27-46), Stanislas Ruguduka Baleke a, à la suite de « Education, Cultures et Sociétés : un enjeu pour le développement en Afrique », précisé que l’éducation doit être prise au sérieux si l’on veut bien sortir du cercle vicieux sous-développemental conciliant tradition et modernité.

Florentin Azia Dimbu, Oasis Kodila Tedika, Ferdinand Kabamba Palata et Ignace Mupa Isansaka traitent au troisième titre (pp.47-58) dans « Regard sur l’encadrement des enseignants du secondaire par les inspecteurs dans la ville de Bandundu » de la problématique d’un encadrement pédagogique quasi inexistant des inspecteurs auprès des enseignants. Ainsi, les enseignants tout comme les inspecteurs, doivent  impérativement suivre la formation continue. Ceci leur permettra d’assurer un encadrement de qualité, lequel sera au bénéfice des apprenants.

« Image du père-Dieu chez les étudiants de Kinshasa » est le quatrième titre (pp.59-75) produit par Jean-Paul Yawidi Mayinzambi. L’auteur soutient que cette image reste un stéréotype bloquant les étudiants à toute initiative de créativité. Ils (étudiants) demeurent des éternels bébés soumis à la dépendance mais, ici voulue, et avec incapacité de briser la spirale à l’instar du paternalisme belge aux autochtones congolais durant la colonisation.

Ferdinand Kabamba Palata dans le cinquième article, ayant pour titre : « Evaluation des acquis scolaires des élèves de l’enseignement spécial en situation de retard mental léger »(pp75-90), relève que les enfants légèrement en retard mental sont capables de subir des influences en vue d’orienter leur comportement notamment sur le plan social. De ce point de vue, cette réussite passe par un système éducatif adaptant les besoins des enfants.

Au sixième titre (pp.91-102) intitulé : « Frustration et attachement à la profession enseignante. Conséquences et perspectives », Sebo Mwamba Ngoy renseigne que la profession enseignante à Kinshasa s’apparente à un chômage déguisé. Cet état de choses crée de frustrations. L’enseignant s’attache à sa profession en attendant de trouver un emploi mieux rémunéré. Pour revaloriser la fonction enseignante, il faudra des politiques publiques responsables, en vue de lutter contre toute démotivation à divers niveaux (enseignants – apprenants).

Le septième titre (pp.103-116) intitulé : « analyse des pratiques pédagogiques dans l’enseignement en soins infirmiers à Kinshasa » est l’œuvre de Idrissa Assumani Zabo et Alexanbre Mbaya Ntumbula. L'étude consiste à analyser les pratiques pédagogiques en vue d’évaluer la qualité du processus d’enseignement dans les Instituts Techniques Médicaux de Kinshasa. Les enseignants des institutions de formation initiale des futurs infirmiers en constituent la population-cible. Les auteurs ont constaté que, d’une part, l’enseignant stimule rarement l’interactivité par l’insuffisance du feed-back; introduit plusieurs nouvelles notions à la fois au cours d’une leçon et sollicite les élèves sans accorder suffisamment d’importance à leur participation . D’autre part, les élèves participent moins aux sollicitations de l’enseignant. 

Sachant que la participation des apprenants en formation initiale permet d’améliorer les capacités d’intervention d’un infirmier, il est déductible qu’en RDC, le problème de la qualité des soins et des services relève, entre autres, du rôle pédagogique joué par l’enseignant.

Le huitième titre (pp.117-128) de Idrissa Assumani Zabo, Alexanbre Mbaya Ntumbula et Domique Ndandula Mukondo,  est intitulé « Déperdition scolaire et pratiques enseignantes dans les Instituts Techniques Médicaux à Kinshasa ». L'étude vise à déterminer le taux de déperdition scolaire, analyser les pratiques enseignantes dans les Instituts Techniques Médicaux (ITM) à Kinshasa et évaluer l'impact de renforcement des capacités des enseignants sur le rendement scolaire. Il se dégage que le taux de déperdition est estimé à 51,2 %. Les garçons et les filles sont équitablement exposés dans les ITM à Kinshasa. Grâce au renforcement des capacité des enseignants en méthodes actives impliquant l'apprenant dans le processus d'enseignement-apprentissage, les résultats scolaires ont été améliorés et le taux de déperdition a été revu à la baisse.   

Dans une étude critique sur la perception des maladies mentales, Valentin Tumbwa Mangwamba Pasmak traite de la page 129 à 152 des « Malades mentaux chez les Suku d’après les courants scientifiques de la psychopathologie ». Pour cet auteur, les dimensions culturelles, sociologiques et psychologiques énoncent la perception des maladies mentales chez les Suku (Kwango-Kwilu, RDC). Pour ce faire, ces maladies restent d’ordre indigène comme cela est le cas pour bien d’Africains. Et leur diagnostic et leur traitement, obéissent pus à la médecine traditionnelle que moderne.

L’œuvre collective de Luc Conrad Mubikangiey, Jean-Baptiste Kakoma et Lucien Kibwenge Esu Bwana est le dixième titre (pp.153-162) intitulée : « Etude de la relation entre médecin et patient. Une approche subjective par les sous-ensembles flous ou les théories de l’imprécis ». S’intéressant à la problématique de relation, les auteurs précisent tout d’abord que tout se fait de manière subjective. Il ressort de leur pertinente analyse, que les médecins spécialistes accordent peu d’attention à leurs patients que les généralistes. Les plus âgés et expérimentés voire ceux de l’intérieur du pays, entretiennent de bonnes relations avec les patients-malades que les moins âgés et jeunes à la profession ainsi que ceux des grands centres urbains.

« Réflexion sur quelques facteurs contribuant à la réussite/échec scolaire des élèves issus de l’immigration RDCongolaise dans le système éducatif belge » est le onzième titre (pp.163-176) produit par Jean-Baptiste Kakoma-N’dusu, Luc Conrad Mubikangiey et Lucien Kibwenge Esu Bwana. Ayant été menée en Belgique (Bruxelles et Mons), cette étude a concerné les ressortissants congolais à l’âge de scolarisation (12 à 18 ans) y vivant. Les élèves, parents et enseignants, sont les trois acteurs fondamentaux évoluant dans le secteur éducatif. Ces ressortissants congolais éprouvent d’énormes difficultés en ce qui concerne leur intégration. C’est pourquoi les auteurs appellent les élèves à une forte socialisation ; poussant les écoles à garder une synergie avec les parents qui doivent à leur tour prendre en charge leurs enfants avec un suivi permanent après l’école.

Le dernier titre (pp.177-188) de cet ouvrage est la production de Lucien Kibwenge Esu Bwana et Jean-Baptiste Kakoma, intitulé : « Apprendre à faire le deuil de l’enfant idéal ». Les deux auteurs partent d’un postulat selon lequel tout enfant est un être humain et a droit à la vie et d’en jouir. C’est pourquoi, ils invitent la communauté à ne pas jeter un enfant né avec handicap. Ce dernier a le droit d’être bien traité, soutenu et accompagné, car en dépit de son handicap, il a des qualités comme les autres enfants nés sans handicap. Ce sont ces qualités qu’il faut explorer pour rendre cet enfant utile à la société, lui permettant de devenir aussi acteur de son développement. Donc, l’éducation joue à ce stade un rôle très important.

3. En guise de conclusion

Riche de 188 pages, cet ouvrage a rassemblé des contributions des hommes de terrain en matière de l’Education.

Plusieurs préoccupations au travers des contributions ont été éclaircies et précisées. Tout reposant sur la revalorisation de l’éducation dans le processus de développement du peuple. Car comme la fondation maintient un édifice, l’éducation en est le socle pour un pays.

La recommandation de Luc Conrad Mubikangiey dans la préface, invitant à la lecture du présent ouvrage, n’a pas été fortuite. Cela vaut son pesant d’or en vue de découvrir comment à l’aide des expériences des auteurs, ils nous plongent dans l’amour des Sciences de l’Education dans son aspect mixte pour la refondation de la nation congolaise.

                                                  Pierre Kabuika Mukulu

Chef de Département des Sciences Historiques à l’UPN

                                                                    Secrétaire de l’Afirse/Section RDC 

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